Imprimez cette page
Pour Devenir Praticien

Mai 2012

Sommaire (PDF)
Photo de Couverture : © Jupiterimages/Hemera Technologies/Photos.com/Thinkstock.

Question: Si la pratique de la Science Chrétienne devenait mon activité professionnelle à plein temps, pourrais-je mener une vie normale (écouter de la musique, aller au cinéma, voir des amis, etc.)?

Réponse: Une vie aussi normale que possible grâce à l’amour de Dieu qui vous anime et vous motive! La Science Chrétienne a ceci de merveilleux qu’elle enrichit chaque aspect de notre vécu en nous éveillant à notre identité immortelle en tant qu’expression de Dieu. Si les praticiens dont le nom figure dans le répertoire du Journal et du Héraut consacrent tout leur temps à ceux qui recherchent une aide par la prière, cela ne les empêche pas pour autant de glorifier Dieu à travers la danse, le chant, l’équitation, la peinture et toutes les activités qui expriment la richesse de la Vie, Dieu.

Le sport, le cinéma, l’ordinateur et les livres permettent également à la richesse de Dieu de se révéler à nous. Lorsque je donne la priorité aux choses spirituelles, c’est-à-dire que j’aborde chaque journée et chaque situation avec le désir d’exprimer, de voir et de glorifier Dieu, les activités qui me permettent d’aider les autres et d’enrichir mon expérience s’imposent naturellement. Quant à celles qui pourraient m’empêcher de faire du bien aux autres, elles ne m’intéressent plus.

À travers ces activités, j’avais peut-être simplement accordé de la réalité à un entendement humain personnel au lieu de m’abandonner activement à notre seul Entendement, Dieu. Puisque Dieu nous guide toujours, tout ce que nous faisons, inspirés par des mobiles purement spirituels, est juste au moment où nous le faisons.

Bien sûr, nous n’agissons pas seuls. Dieu nous aide avec sagesse tout au long du chemin, notamment en nous donnant toutes les bonnes choses dont nous pourrions avoir besoin dans l’existence. Au quotidien, nous trouvons souvent ces bonnes choses chez les amis que nous nous faisons en cours de route et qui nous aident à progresser spirituellement. Il arrive aussi parfois que nous nous éloignions tout naturellement des gens ou des influences qui risqueraient de nous être nuisibles ou de nous distraire. La présence de Dieu se manifeste toujours par des voies qui sont une source de bienfaits.

Mais comment concilier de façon équilibrée la vie de famille, les relations sociales et le temps pour la prière dans un monde qui semble aller de plus en plus vite? Je me suis rendu compte que pour établir un bon équilibre entre toutes mes activités, il me faut comprendre mon rôle en tant qu’expression du Principe divin. Lorsque je me considère comme un mortel qui s’efforce de faire plaisir à sa famille, à ses amis et de donner des traitements spirituels efficaces, je me sens frustré et débordé. Or, plus je reconnais au contraire que je suis l’idée immortelle du Principe, plus je découvre que chaque instant est un instant sacré, actif, ordonné, productif, et une source de bienfaits pour tous.

Je me consacre à la pratique de la Science Chrétienne depuis 26 ans. Parallèlement, pendant sept ans, j’ai aussi été entraîneur d’une équipe de baseball de benjamins, second d’un chef scout, moniteur d’école du dimanche, professeur et conférencier de la Science Chrétienne. Dieu, le Principe divin, m’a permis de trouver le juste équilibre, le temps, l’inspiration, la force, le repos et la capacité nécessaire pour faire tout ce que l’on attendait de moi.

Rien ne nous oblige jamais à renoncer à ce que nous aimons pour nous consacrer pleinement à la pratique. Et ce que chacun de nous aime véritablement, c’est voir Dieu révéler Sa bonté, Sa beauté, Sa puissance, Ses belles harmonies, Sa tendresse et Sa paix. Au lieu de perdre les choses qui comptent à nos yeux, nous en profitons davantage en apprenant à connaître et à démontrer leur essence divine.

Il arrive néanmoins que la pratique de la Science Chrétienne entraîne un sacrifice. Le ministère de Jésus montre clairement que le sacrifice conduit au salut. Mary Baker Eddy écrit que le salut est «la Vie, la Vérité et l’Amour compris et démontrés comme étant suprêmes sur toutes choses; le péché, la maladie et la mort détruits» (Science et Santé, p. 593). Cependant, il ne nous est jamais demandé de sacrifier notre vie de famille ni des activités bien légitimes, mais plutôt le concept matériel de ces activités, concept qui considère qu’elles ne viennent pas de Dieu. Quant aux possessions, il est important de ne pas être dominé par elles. Là encore, le fait de comprendre que nous exprimons naturellement l’équilibre du Principe préserve le point de vue spirituel nécessaire à la pratique.

Il arrive quelquefois qu’une demande d’aide survienne alors que nous sommes en famille ou que nous avons prévu une sortie. En pareilles circonstances, il est normal de trouver le temps nécessaire pour prier tranquillement. Le sacrifice devient alors une joie, et ni le praticien ni ses proches ne devraient se sentir privés de quoi que ce soit. Les belles guérisons et le merveilleux sentiment de liberté qui accompagnent ces heures généreusement accordées effacent toute impression d’être passé à côté de quelque chose d’important.

Si nous croyons que la famille, le travail et les obligations sociales nous prennent trop de temps pour envisager de faire de la pratique notre activité professionnelle à plein temps, nous avons peut-être besoin d’apprendre que l’on trouve toujours le temps d’aimer. L’Amour seul guérit. En tant qu’expression de l’Amour divin, chacun de nous est là où l’Amour révèle sa tendresse et sa grâce, et il en est aussi l’instrument. L’Amour sait que nous avons toujours le temps d’aimer. L’Amour aspire à ce que chacun de nous le sache également.

Keith Wommack, Corpus Christi (Texas), U.S.A.

Mes amis me demandent parfois de prier pour eux, de façon informelle, et je ne sais pas toujours quoi leur répondre. Je ne suis pas sûr de bien comprendre la différence entre la prière et un traitement par la Science Chrétienne.

C’est formidable d’avoir des amis sensibles à votre amour et à l’intérêt que vous leur portez au point de vous demander de prier pour eux! Il n’est pas rare qu’une personne fasse cette demande à un ami dont elle sait que la prière fait partie de son quotidien. Les scientistes chrétiens sont magnifiquement bien équipés pour répondre à cet appel.

Toute prière doit être motivée par l’amour, l’amour pour Dieu et pour notre prochain. La prière dont vous parlez est une tendre expression de votre affection pour un ami ou un membre de votre famille, car vous pensez à lui tel que Dieu le connaît, sans pour autant traiter ses pensées ni s’immiscer dans ses croyances, quelles qu’elles soient. Dans cette prière douce et bienveillante, vous comprenez que Dieu aime Sa création et qu’Il prend bien soin de chacun de Ses enfants. La Prière du Seigneur en est un bon exemple (voir Matthieu 6:9-13 et Science et Santé, p. 16-17).

Cette prière fait également partie des services hebdomadaires des églises de la Science Chrétienne dans le monde entier. Dans le Manuel de L’Église Mère, Mary Baker Eddy a prévu la disposition statutaire suivante: «Les prières dans les églises de la Science Chrétienne seront offertes pour l’assistance collectivement et exclusivement.» (p. 42) Cette prière générale et sincère ne traite pas chaque membre de l’assistance individuellement. Elle peut être une prise de conscience puissante de la présence de Dieu qui gouverne le service, et du fait que tous ceux qui y participent peuvent bénéficier de la protection, de la guérison et de la grâce rédemptrice qui découlent dudit service. Cette prière, bien sûr, bénit toute l’assistance et, par conséquent, fait également du bien à la ville.

Le traitement par la Science Chrétienne exprime autant d’amour, de sollicitude et de compassion, mais il est très spécifique dans son application. Il s’adresse directement à la pensée du patient et, de ce fait, ne doit être donné que sur demande expresse ou en cas d’urgence, lorsque la personne en détresse ne peut bénéficier tout de suite du genre de soins qu’elle souhaiterait. Dans un essai intitulé «Guérison mentale importune», Mary Baker Eddy est tout à fait claire: «La question suivante se posera: Doit-on traiter quelqu’un mentalement à son insu ou sans son consentement? La règle absolue de la pratique de la Science Chrétienne est la Règle d’or: “Ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le de même pour eux.” Lequel d’entre nous voudrait que l’on fracture la porte de sa maison ou que l’on crochète sa serrure? Et nous voudrions moins encore que l’on portât atteinte à notre entendement.» (Écrits divers 1883-1896, p. 282) Les pages 390 à 394 de Science et Santé donnent une magnifique vue d’ensemble de ce qu’est le traitement par la Science Chrétienne.

Il est intéressant de noter que c’est par un chapitre sur «La prière» que commence Science et Santé, tandis que le chapitre «Pratique de la Science Chrétienne», qui comprend des instructions spécifiques concernant le traitement par la Science Chrétienne, se trouve quelques centaines de pages plus loin. J’y vois une distinction très nette entre deux modes de prière, et la nécessité de posséder une compréhension spirituelle approfondie pour donner un traitement par la Science Chrétienne, contrairement à la prière que l’on peut faire en général.

En fin de compte, ces deux formes de prière guérissent, parce qu’on affirme dans les deux cas la vérité au sujet de Dieu et de l’homme. La prière est le sanctuaire de la pensée où nous sommes en communion intime avec Dieu. Le traitement par la Science Chrétienne est possible lorsqu’une personne nous invite dans ce sanctuaire afin de l’aider à surmonter la crainte et des croyances malsaines, pour trouver l’inspiration, la compréhension spirituelle et la guérison.

Barbara Pettis, Haverhill (Massachusetts), U.S.A.
Je sais que beaucoup de praticiens arrivent à vivre de la pratique de la Science Chrétienne. Comment font-ils? Comment gagner sa vie en faisant de la pratique son activité professionnelle à plein temps?

Cette question mérite d’être traitée en profondeur. L’abondance et la pratique professionnelle de la Science Chrétienne vont de pair. Chaque jour est pour le praticien une occasion nouvelle d’explorer la bonté de Dieu, merveilleuse et infinie. Cette bonté infinie est vraiment… infinie! Ce n’est pas juste une petite part sur la table, que nous nous partageons avec des gestes frénétiques. L’abondance de Dieu, le bien divin, nourrit la pratique et le praticien.

«Ô profondeur de la richesse, de la sagesse et de la science de Dieu!» (Romains 11:33) Dieu possède tout le bien que nous pourrions jamais désirer; étant Son expression, chaque individu possède également ce bien par réflexion. Dieu ne le distribue pas au compte-gouttes par-ci, par-là. Nous sommes unis à la bonté infinie de Dieu, ici dès maintenant.

D’où vient alors cette notion qui voudrait que l’on fasse vœu de pauvreté pour être praticien de la Science Chrétienne? Certainement pas de la théologie chrétienne originelle! Au temps de Jésus, il n’y avait aucun rapport entre être pauvre et servir Dieu, et il en va de même aujourd’hui.

Ce n’est pas la quantité d’argent que nous possédons mais notre niveau de pensée qui détermine notre niveau de vie. L’abondance est bien plus qu’une question d’argent ou de biens. De même qu’il n’y a qu’un Dieu véritable, il n’y a qu’un bien véritable. Ce bien n’est pas dans la matière, car il est l’Esprit, Dieu. Selon un ancien dicton plein de bon sens, «si tu veux te sentir riche, compte toutes les choses que tu possèdes et que l’argent ne saurait acheter». La joie, la stabilité, l’amour, la force, l’harmonie ne s’achètent pas, car ce sont en réalité des qualités entièrement spirituelles. Ce sont des attributs de Dieu qui appartiennent à chacun de nous, Ses enfants. Rendre grâce à Dieu pour Sa bonté spirituelle, déjà présente, transforme notre façon de penser. Dans la mesure où notre qualité de pensée évolue, où elle s’imprègne davantage des faits spirituels de la Vie, notre vécu au quotidien reflète naturellement et sans effort cette élévation mentale.

C’est pourquoi il est conseillé à ceux qui exercent la profession de praticien de la Science Chrétienne de prendre l’habitude d’éprouver une profonde reconnaissance pour la bonté de Dieu qui est sans fin, qui est entièrement spirituelle et présente. La subsistance ne dépend ni d’un compte bancaire ni des patients. Elle n’a pas une origine matérielle. Le bien nous est toujours fourni par Dieu et seulement par Lui.

Les gens remercient les praticiens en les payant, et c’est tout à fait normal. Chaque paiement est comme un billet de remerciement symbolisant la reconnaissance du patient pour le traitement par la Science Chrétienne. Cependant, Dieu seul fournit sans compter tout ce dont ont besoin patient et praticien. Une telle abondance se manifeste souvent sous forme d’idées spirituelles stimulantes. «Dieu vous donne Ses idées spirituelles, et à leur tour, celles-ci pourvoient à vos besoins quotidiens», écrit Mary Baker Eddy. Et elle poursuit: «Ne demandez jamais pour demain: il suffit que l’Amour divin soit un secours toujours présent; et si vous attendez, sans jamais douter, vous aurez à chaque instant tout ce dont vous avez besoin. Quel glorieux héritage nous est donné grâce à cette compréhension de l’Amour omniprésent! Nous ne pouvons demander davantage, désirer davantage, posséder davantage. Cette douce assurance est le “Tais-toi, sois tranquille” s’adressant à toutes les craintes humaines et à toutes les souffrances.» (Écrits divers 1883-1896, p. 307)

Oui, «Dieu vous donne Ses idées spirituelles.» Il vous les donne. «Béni soit le Seigneur, qui chaque jour nous comble de bienfaits», dit la Bible. (Psaume 68:20; d’après la version King James) Dans le calme de la prière, nous laissons Dieu nous montrer que Sa bonté incommensurable est déjà avec nous. Comme Sa totalité imprègne tout ce que nous sommes et faisons, nous pouvons nous en remettre totalement et patiemment à Dieu pour tout ce qui concerne notre bien-être, tout en travaillant activement comme praticien.

Quand Jésus nourrit dans la sérénité une foule entière avec quelques pains et quelques poissons, il ne voyait pas du tout ce que voyaient ceux qui l’entouraient. En réalité, il ne créa rien ce jour-là; cela n’avait pas été nécessaire. À l’aide de son sens spirituel, il reconnut l’infinie mesure du bien déjà présent. Non seulement cela fut suffisant pour nourrir les milliers de gens rassemblés, mais les disciples de Jésus, chargés de faire le service, eurent également plus qu’ils n’avaient besoin. J’en ai eu moi-même la preuve lorsque je me suis lancé dans la pratique. J’étais jeune marié et père de famille. En comprenant que rien ne pouvait contrecarrer l’engagement que j’avais pris de servir Dieu et Ses enfants, je me suis rendu compte en même temps que rien ne pouvait faire obstacle à la sollicitude divine répondant à tous les besoins de ma famille.

Quand on pratique la Science Chrétienne à plein temps, il est bon de savoir que le pouvoir de la présence divine, l’esprit du Christ au-dedans de soi, suscite en chaque praticien, avec amour et abondance, une mission, une activité et un accomplissement divins. Et tous les besoins sont alors comblés.

Mark Swinney, Albuquerque (Nouveau-Mexique), U.S.A.

Bien souvent, il semble plus facile de prier pour les autres que pour soi. Comment prier pour soi-même régulièrement? Est-ce vraiment si important?

On pourrait comparer la prière pour soi à un mécanicien qui entretient sa propre voiture pour être toujours prêt à aider les autres chaque jour; ou bien à un professeur qui entretient ses connaissances pour préserver la qualité de l’enseignement qu’il donne à ses élèves. Prier pour soi-même permet de prier pour les autres avec efficacité.

Manifestement, Mary Baker Eddy considérait que la prière pour soi-même était si importante qu’elle fit cette demande pressante: «Il est une chose que j’ai beaucoup désirée, et que je demande encore instamment, c’est que les scientistes chrétiens, ici et ailleurs, prient chaque jour pour eux-mêmes; non pas oralement ni à genoux, mais mentalement, humblement, et avec insistance. Quand un cœur affamé implore le divin Père-Mère Dieu de lui donner du pain, il ne lui est pas donné une pierre, mais plus de grâce, d’obéissance et d’amour. Si ce cœur, humble et confiant, demande fidèlement à l’Amour divin de le nourrir du pain du ciel, de la santé, de la sainteté, il sera rendu apte à recevoir la réponse à son désir; alors coulera dans ce cœur le “fleuve de Ses délices”, l’affluent de l’Amour divin, et il en résultera un grand progrès en Science Chrétienne – voire cette joie qui trouve son propre bien en cherchant celui d’autrui.» (Écrits divers 1883-1896, p. 127)

Elle inséra également dans le Manuel de l’Église une disposition statutaire intitulée «Vigilance face au devoir», concernant cette prière: «Il sera du devoir de chaque membre de cette Église de se défendre journellement contre la suggestion mentale agressive, et de ne pas se laisser entraîner à oublier ou à négliger son devoir envers Dieu, envers son Leader et envers l’humanité. Par ses œuvres, il sera jugé – et justifié ou condamné.» (p. 42)

La vigilance est essentielle, car il arrive que plusieurs jours s’écoulent avant que l’on pense à prier pour soi-même de façon spécifique et consciencieuse. Pourtant, ce genre de prière régulière peut prendre plusieurs formes: c’est une douche mentale matinale qui nettoie et vivifie, et prépare pour la journée; ou bien une prière d’une minute ou deux, un peu plus tard dans la journée, comme le repas de midi qui fortifie et rassasie; ou encore un murmure de reconnaissance, à la fin de la journée, qui permet de se reposer paisiblement dans les bras de Dieu. La prière fait régulièrement partie des occupations journalières du praticien efficace.

Toutefois, la prière est tout sauf une routine. C’est toujours un moment nouveau de communion spontanée avec l’Amour divin, une occasion de déposer le fardeau de la journée pour accueillir et élever dans notre pensée le Christ guérisseur. Nous sommes alors capables, durant toute la journée, de reconnaître ces imposteurs mentaux qui voudraient nous voler notre identité spirituelle. Dès la moindre préoccupation (ou crainte), notre forteresse de prière – l’Amour divin qui dissipe la crainte – est déjà prête à nous protéger. Chaque fois que nous sommes tentés de nous énerver ou de critiquer les autres, nous sommes armés de la loi du Christ que nous avons déjà reconnue dans la prière: «Aimez-vous les uns les autres.»

Quand vient la tentation du découragement, la prière spirituelle nous dit avec douceur: «Ne suis pas ce chemin», et nous retrouvons le courage lié à la domination que Dieu nous a déjà donnée. Lorsque le stress, la fatigue ou l’abattement tente de ruiner notre paix intérieure, la vigilance nous pousse à rejeter de tels intrus mentaux étrangers à notre être, et à accueillir la confiance du Christ qui est une force que l’on puise dans la prière fervente et quotidienne.

Une telle prière exige une vigilance incessante afin de garder pure notre demeure mentale. Elle n’est ni égoïste ni égocentrique. En fait, c’est grâce à cette activité pleine de vie que, tout au long de nos journées chargées, nos pensées demeureront centrées sur Dieu, dans la paix et la joie.

Marian English, Colorado Springs (Colorado), U.S.A.

Comment surmonter le sentiment de ne pas être capable de guérir certaines difficultés?

Ce sentiment peut survenir de façon sournoise lorsque le praticien pense qu’il doit accomplir un grand travail de guérison en s’appuyant sur des capacités personnelles. Il est tout à fait clair que la Science Chrétienne est la Science de la guérison par l’Entendement divin et non par des entendements humains. Science et Santé contient cette déclaration: «L’entendement humain n’a pas le pouvoir de tuer ni de guérir et il n’a aucun empire sur l’homme de Dieu. L’Entendement divin qui fit l’homme maintient Sa propre image et ressemblance.» (p. 151) Jésus manifesta un remarquable pouvoir de guérir les malades et de ressusciter les morts, mais il enseigna que ces guérisons n’étaient pas dues à un pouvoir personnel. Il accomplissait ce que Son père lui demandait de faire. Il dit: «Je ne puis rien faire de moi-même.» (Jean 5:30) Comprendre la vérité de l’être d’un point de vue divin, et non d’un point de vue personnel, peut produire la guérison dans chaque cas.

Il peut arriver que le praticien soit impressionné par la fausse conception que le public se fait de la maladie. Mary Baker Eddy explique: «C’est du charlatanisme mental de faire de la maladie une réalité – de la tenir pour quelque chose que l’on peut voir et sentir – et d’essayer ensuite de la guérir par l’Entendement.» (Science et Santé, p. 395) Du point de vue humain, une maladie ou toute autre difficulté semble correspondre à une phase du mal s’attaquant à une personne en dehors de l’empire de l’Entendement divin. Du point de vue divin plus élevé, tout le monde est toujours sous l’empire absolu de l’Entendement divin, en sécurité sous la protection du Père-Mère. La maladie est une image de la pensée humaine apparaissant extérieurement; elle n’a aucune intelligence ni pouvoir intrinsèques. Comme le mal ne vient pas de Dieu, il n’a rien pour le soutenir, contrairement à la Vérité, Dieu, qui soutient en permanence la nature et l’être véritables et parfaits de chaque expression, dans Sa création. Pour surmonter le sentiment de ne pas être à la hauteur, le praticien peut reconnaître humblement que l’Entendement divin seul guérit, et il peut se rapprocher de cet Entendement dans une sainte communion spirituelle, si bien que Dieu sera pour lui ce qu’Il est assurément: tout-puissant, toujours présent et toujours capable de guérir. La capacité de guérir n’est rien d’autre que la capacité de reconnaître du point de vue spirituel ce qui est vrai au sujet du patient, et ce qui est faux concernant l’état présenté par les sens matériels.

Deux synonymes de Dieu renforcent notre assurance et notre confiance dans le pouvoir de guérison de la Science Chrétienne: Entendement et Amour. La suggestion peut venir à la pensée du praticien que l’Entendement sait parfaitement ce que le patient et lui ont besoin de comprendre pour produire la guérison, mais que, pour une raison inconnue, cet Entendement ne veut pas le leur dire. Le praticien peut alors savoir que Dieu, qui est aussi l’Amour divin, ne priverait certainement pas Ses enfants bien-aimés du moindre bien. Cette autre suggestion mentale peut également se présenter: l’Amour divin désire sincèrement réconforter, mais ils ne sait pas comment s’y prendre pour apporter compréhension et guérison. Comme Dieu est aussi l’Entendement divin, la source de toute intelligence, Il sait toujours exactement ce qui est nécessaire. À mesure que le praticien reconnaît que le Tout-Puissant est l’Entendement qui est Amour et l’Amour qui est Entendement, il peut être certain que le patient et lui sont tous deux les bénéficiaires de la bonté et de l’amour tout-puissants de Dieu, et il peut en rendre témoignage en le constatant dans la guérison.

Le rôle du praticien consiste à savoir écouter l’Entendement et à être le fidèle témoin de ce que l’Amour a accompli, est en train d’accomplir et accomplira pour son patient, l’enfant parfait de Dieu. L’Entendement divin exprime à travers le praticien humble et confiant la sagesse et l’amour qui guérissent.

Brian Talcott, Berkeley (Californie), U.S.A.

Dois-je accepter tous les cas qui se présentent?

Oui et non! Bien entendu, il n’y a pas de liste de recommandations à consulter pour savoir si l’on doit accepter tel ou tel cas. Cependant, le Manuel de l’Église contient un conseil très utile: «Le choix des patients est laissé à la sagesse du praticien, et Mrs. Eddy ne doit pas être consultée à ce sujet.» (p. 87) Cette disposition statutaire, qui concerne la pratique, dit clairement que la relation entre praticien et patient est véritablement l’affaire de Dieu, ou comme l’a défini Christ Jésus, «les affaires de mon Père».

Il est clair que Mary Baker Eddy considérait qu’elle n’avait pas à donner son avis sur ce sujet. Elle en appelait à la sagesse du praticien. Comment acquérir cette sagesse? Par la prière et l’expérience! À mes débuts, j’ai souvent repensé à ces paroles de Jésus: «Nul ne peut venir à moi, si le Père qui m’a envoyé ne l’attire.» (Jean 6:44) Le travail que le praticien accomplit dans un esprit de prière pour son propre compte, et ce avant même qu’on lui demande de l’aide, le convainc mentalement que l’activité de guérison concerne Dieu et Sa relation à l’homme, et que, selon les propos de Jésus, seuls ceux qui se tournent sincèrement vers Dieu viendront pour être guéris. Grâce au discernement spirituel, le praticien sentira si la personne qui l’appelle est sincère quand elle demande un traitement par la Science Chrétienne. Il faut suivre l’intuition qui nous pousse à ne pas accepter un cas. Cela n’a rien à voir avec le sentiment de ne pas être à la hauteur, dont il a été question précédemment. La sagesse est la clé, comme le souligne le Manuel. Dans la pratique de la Science Chrétienne, il est essentiel de développer la capacité d’entendre la voix de Dieu, de s’en remettre à Sa volonté et à Sa sagesse, non à une volonté et à une sagesse personnelles, d’écouter Ses directives et de les suivre. C’est à cette condition que le praticien et le patient demeurent en sécurité sous Sa protection, au lieu d’être à la merci des conjectures humaines.

L’une des questions à se poser concerne la disponibilité. Lorsqu’il s’agit de donner un traitement par la Science Chrétienne à un enfant, une visite au domicile peut s’imposer; c’est pourquoi, si je demeure à un endroit éloigné, je conseillerai aux parents d’appeler plutôt un praticien proche de chez eux. Si le cas paraît grave et nécessite davantage d’attention et d’échanges que d’autres, je refuserai de m’en occuper et conseillerai d’appeler un autre praticien si, pour quelque raison que ce soit, je ne suis pas immédiatement disponible ou facilement joignable. D’autres points à considérer: La personne recherche-t-elle une guérison ou quelqu’un avec qui bavarder? Un autre praticien s’occupe-t-il déjà du cas? Le patient suit-il un traitement médical? Etc. En d’autres termes, quel est le vrai mobile de l’appel? Doit-on pour autant se montrer méfiant à chaque appel? Non! On ne répond pas à un appel, l’esprit méfiant! Le praticien sait en tout temps que «dans la Science, l’Amour divin seul gouverne l’homme…» (Manuel, p. 40); cela est vrai tant pour le praticien que pour le patient. Un praticien de la Science Chrétienne est un chercheur de la Vérité, et c’est au cours de cette recherche qu’il comprend ce que Jésus voulait dire quand il déclara: «Soyez donc prudents comme les serpents, et simples comme les colombes.» (Matthieu 10:16) La pratique ne consiste pas à s’aventurer en terrain inconnu pour détecter l’erreur, mais à chercher chaque fois la vérité, et à faire confiance à Dieu qui la révélera.

Nul besoin de se sentir coupable quand il est nécessaire de refuser un cas. Celui qui demande de l’aide n’est pas repoussé ni abandonné pour autant; le praticien est même tenu de savoir, dans un esprit de prière, que la personne sera guidée au bon endroit, là où elle trouvera la réponse à son besoin particulier. Bien sûr, cette inspiration ne peut venir que de Dieu. C’est Son affaire, et Il apportera la meilleure réponse possible.

Supposons qu’un praticien accepte un cas que la sagesse aurait voulu qu’il refuse. Même dans ces circonstances, l’Amour divin guide. Le praticien pourra en retirer un enseignement précieux qui le servira lors de ses décisions futures. Aucun travail accompli au nom de la Vérité n’est inutile; au contraire il édifie, réconforte, élève et guérit toujours, parce que «la Vérité est toujours victorieuse» (Science et Santé, p. 380).

Olga Chaffee, San Diego (Californie), U.S.A.

Que faire lorsqu’un de mes patients décide d’obtenir un diagnostic médical?

Cette question se pose de temps en temps parce que nombreux sont ceux qui, en demandant un traitement par la Science Chrétienne, ne comprennent peut-être pas toujours qu’il existe une grande différence entre un traitement par la prière en Science Chrétienne et toute autre forme de traitement, y compris un traitement médical. Lorsqu’un patient traité par un praticien exprime le désir d’avoir un diagnostic médical, c’est très souvent pour connaître la cause du problème. En général, j’explique qu’un diagnostic médical affaiblit la confiance dans le pouvoir qu’a la prière de guérir. Il faut souligner ici que le patient est toujours libre de faire ce qu’il croit être dans son intérêt, y compris de choisir une aide médicale. Cependant, appliquer la Science Chrétienne à un cas, c’est s’adresser à la mentalité du patient et non au corps physique. Lorsque ce point est bien compris, le patient se rend souvent compte qu’il n’a pas besoin d’un diagnostic médical.

Il serait utile de rappeler au patient que l’esprit humain perçoit les choses à l’aide des sens matériels. Le problème avec les sens, c’est que, dans le cas d’un mal particulier, ils nous incitent d’abord à observer les effets physiques puis à tenter d’en déterminer la cause. De la même façon, le modèle médical commence par s’intéresser à ce que montrent les sens matériels puis s’efforce d’en diagnostiquer la cause physique afin de traiter le mal par des médicaments ou une intervention chirurgicale. En bref, il observe d’abord un effet puis tente d’en découvrir la cause afin de prescrire des soins.

À l’inverse, le traitement par la Science Chrétienne rejette le témoignage des sens matériels et utilise le sens spirituel, qui nous est révélé par Dieu, comme le déclare la Bible: «Ce sont des choses que l’œil n’a point vues, que l’oreille n’a point entendues, et qui ne sont point montées au cœur de l’homme, des choses que Dieu a préparées pour ceux qui l’aiment. Dieu nous les a révélées par l’Esprit.» (I Corinthiens 2:9, 10)

En exerçant ce sens donné par Dieu (et que chacun possède en tant que Son enfant), le modèle spirituel part du point de vue diamétralement opposé au modèle médical, c’est-à-dire de la cause divine de toutes choses et non des effets physiques, en affirmant que Dieu est la seule Cause de tout ce qui existe réellement, et que tout ce qu’Il fait est bon. Science et Santé nous instruit ainsi: «En raisonnant de la cause à l’effet dans la Science de l’Entendement, nous commençons par l’Entendement qui doit être compris au moyen de l’idée qui l’exprime, et qu’il est impossible de connaître au moyen de son opposé, la matière.» (p. 467) Ce raisonnement met à même patient et praticien de discerner la fausseté de l’apparence matérielle discordante. Comme l’enseigne la Bible: «La source fait-elle jaillir par la même ouverture l’eau douce et l’eau amère?» (Jacques 3:11)

L’un des énoncés qui révèlent sans doute le mieux l’abîme qui sépare le modèle médical du traitement par la Science Chrétienne se trouve dans la norme chrétiennement scientifique établie par les prières de Jésus: «La nature divine fut le mieux exprimée en Christ Jésus, qui projeta sur les mortels le reflet plus vrai de Dieu et éleva leur vie plus haut que ne le permettaient leurs pauvres modèles de pensées – pensées qui représentaient l’homme comme déchu, malade, pécheur et mourant. La compréhension, semblable à celle de Christ, de l’être scientifique et de la guérison divine renferme un Principe parfait et une idée parfaite – Dieu parfait et homme parfait – comme base de la pensée et de la démonstration.» (Science et Santé, p. 259)

À mesure que le patient reconnaît cette différence fondamentale entre les deux modèles de traitement, il comprend de mieux en mieux que le traitement par la Science Chrétienne ne consiste pas à soigner un problème physique réel, mais à élever la pensée jusqu’à la compréhension spirituelle de ce qu’est Dieu, de ce qu’Il fait, et de ce qui a toujours été vrai concernant l’homme, l’expression même de l’être de Dieu, maintenu pour toujours dans la perfection de son Créateur. C’est la compréhension de cette merveilleuse vérité qui agit sur les croyances à la maladie et aux infirmités, et les élimine complètement du vécu des patients sans qu’il soit nécessaire d’avoir un diagnostic médical pour découvrir ce qui n’a jamais existé.

Karl (Sandy) Sandberg, Norwell (Massachusetts), U.S.A.

Comment puis-je découvrir avec précision l’erreur à corriger dans la pensée du patient sans faire une analyse psychologique?

Dans le traitement par la Science Chrétienne, le praticien ne cherche pas à découvrir par des moyens humains ce qui est à corriger dans l’esprit du patient. En d’autres termes, le traitement ne se résume pas aux efforts d’un entendement humain qui s’efforcerait de découvrir ce qui ne va pas dans un autre entendement humain. Au contraire, le praticien se tourne vers Dieu, l’unique Entendement divin, pour qu’Il lui révèle quels sont les faux concepts à traiter dans la pensée du patient. Pour découvrir avec précision les pensées erronées qui retiennent un patient prisonnier du péché, de la maladie ou de toute forme de discordance, je rejette tout sens d’entendement personnel pour me tourner vers le seul Entendement. Je laisse la lumière de la Vérité et de l’Amour divins, Dieu, remplir ma conscience. Cette lumière spirituelle pure révèle ce qui est vrai au sujet du patient, tout en me révélant ou en révélant au patient la pensée erronée qui a besoin d’être détruite.

Alors, au lieu de faire une réalité de cette erreur, je reconnais, grâce au traitement par la Science Chrétienne, la bonté, l’innocence et la perfection innées du patient – sa nature Christ – en tant qu’expression de l’être de Dieu. Puis je nie que l’erreur fasse partie de son identité ou de son passé.

En fin de compte, l’intention du praticien est toujours de découvrir le néant et l’impuissance de toute croyance au péché ou à la maladie, si bien que ces croyances sont détruites dans la pensée du patient. La pensée juste que le patient entretient naturellement au sujet de lui-même est alors restaurée.

Mary Baker Eddy emploie le terme de «Science de la psychologie» en insistant sur la nécessité de découvrir l’erreur par cette méthode entièrement spirituelle (voir Écrits divers 1883-1896, p. 3). Le manque de confiance dans le pouvoir de guérison de Dieu ou le sentiment d’être séparé de Son amour est peut-être ce qui se cache dans la pensée.

Voici un exemple de la façon dont agit cette Science de la psychologie. Une femme m’a appelée un jour pour me demander un traitement par la Science Chrétienne, car elle souffrait beaucoup, elle était dépressive et insomniaque. En priant, j’ai senti qu’il fallait découvrir ce qui était à l’origine de ces problèmes, sachant que Dieu pouvait nous révéler ce que nous avions besoin de savoir pour obtenir la guérison. Lorsqu’elle m’a rappelée, elle m’a avoué qu’elle buvait de la bière pour échapper à la solitude et qu’elle se sentait indigne! Nous avons alors parlé de sa vraie valeur en tant qu’enfant bien-aimée de Dieu. Peu de temps après, elle a cessé de boire de la bière et s’est libérée également d’autres formes de dépendance. Elle s’est mise à éprouver de la reconnaissance ne serait-ce que pour de petites choses, et elle a repris goût à la vie. Elle a été complètement guérie. Elle a cessé de s’identifier à une mortelle malade et pécheresse, pour se voir comme une expression parfaite et satisfaite de l’Entendement, l’Amour divin.

Il n’y a pas de plus grande joie que de s’éloigner de plus en plus du concept mortel de sa propre identité ou de l’identité d’autrui – ce sens humain de la vie qui croit en la réalité d’un passé fait de traumatismes et d’échecs – pour découvrir que la vraie identité spirituelle de chacun est l’expression toujours pure et innocente de Dieu.

Votre amour toujours plus fort pour Dieu et pour l’homme (terme générique pour tous les enfants de Dieu) et votre compréhension toujours plus grande de la nature absolument parfaite de Dieu et de l’homme vous maintiendront sur la voie de la véritable guérison par la Science Chrétienne.

Gisela Manger, Munich, Allemagne

Quels conseils donneriez-vous concernant les échanges par téléphone et par e-mail entre patient et praticien?

Ceux qui prennent contact avec les praticiens de la Science Chrétienne le font pour toutes sortes de raisons, viennent de milieux très divers et représentent tous les niveaux de compréhension et de développement spirituels. Savoir quoi dire, dans quelle mesure et de quelle façon, est un talent qui se développe avec la pratique, non avec le temps. Je repense aux premiers vers d’un poème de A. E. Hamilton, cité par Mary Baker Eddy dans Rétrospection et Introspection: «Demande à Dieu de te rendre habile / Dans l’art du réconfort.» (p. 95)

La relation entre le praticien et le patient est particulièrement sacrée, car il s’agit d’accomplir une guérison en priant pour mieux comprendre la nature du lien sacré qui unit le patient à Dieu, en tant que Son enfant bien-aimé. Aussi tout ce qui concerne les échanges entre le praticien et le patient doit être abordé avec amour et inspiré par la prière. Quelle que soit la forme de communication qui se développe entre eux, c’est la Parole vivante de Dieu, l’Amour divin, qui doit être entendue, parce que c’est l’Amour qui guérit.

Tout ce qui est communiqué doit être fidèle à l’esprit et à la lettre de la Science Chrétienne. Dans les limites de ce cadre fondamental, on peut donner des conseils pratiques. Le praticien et le patient protégeront l’un et l’autre le caractère privé et confidentiel de leur travail. À cet égard, par exemple, la ligne téléphonique du praticien doit être réservée à son usage exclusif. Praticien et patient ne doivent pas ignorer que les e-mails posent des problèmes de préservation de la vie privée: les e-mails peuvent en effet être transmis et imprimés, et par conséquent lus par d’autres. Bien sûr, l’e-mail et surtout le téléphone mobile apportent une liberté de mouvement aux praticiens, en les rendant accessibles et disponibles comme jamais auparavant. Les praticiens doivent être d’autant plus vigilants dans la gestion des échanges (fréquence/nature/longueur) avec les patients, afin d’être sûrs de privilégier l’inspiration spirituelle et d’orienter la pensée vers Dieu et non sur la personne. On ne devrait jamais chercher ni donner un avis sur une situation; le praticien doit savoir que le patient est doué par Dieu de la faculté de prendre ses propres décisions avec sagesse, et il doit le lui dire. En outre, tous leurs échanges doivent viser à bénir l’ensemble de la famille humaine, et de ce fait leurs conversations ne devraient jamais se prêter aux commérages, à la critique ou au blâme, mais rechercher uniquement la guérison.

Une étude des guérisons remarquables accomplies par Christ Jésus montre que très peu de mots étaient échangés entre le Maître et ceux qui venaient à lui pour être guéris. C’est également vrai de nombreuses guérisons effectuées par les prières de Mary Baker Eddy. Dans Science et Santé avec la Clef des Écritures, son ouvrage fondamental sur la guérison chrétienne, l’auteur souligne l’importance de l’écoute, principal guide de la communication pour le praticien. Elle écrit: «L’infinie Vérité de la guérison-Christ est venue à ce siècle par “une douce petite voix”, par des paroles silencieuses et l’onction divine qui vivifient et augmentent les effets bienfaisants du christianisme. Il me tarde de voir le couronnement de mon espérance, savoir les réalisations plus élevées du disciple dans cette voie lumineuse.» (p. 367)

Effectivement, quels que soient les propos échangés entre patient et praticien (en personne, au téléphone, par e-mail ou tout autre moyen), on obtient les meilleurs résultats quand la Parole de Dieu est mise en avant et qu’elle guide les pensées et les paroles du praticien. «Reçois favorablement les paroles de ma bouche et les sentiments de mon cœur, Ô Éternel, mon rocher et mon libérateur», dit un Psaume (19:15).

Le principal devoir du praticien consiste à prier en accord avec ce qu’enseignent la Bible et Science et Santé concernant la réalité et la totalité de Dieu, l’Esprit, et l’irréalité de tout ce qui Lui est dissemblable. Jésus recommandait: «Que votre parole soit oui, oui, non, non; ce qu’on y ajoute vient du malin.» (Matthieu 5:37) Il est essentiel de dire «Oui» (d’adhérer) uniquement à la perfection de Dieu et à Sa création spirituelle, et de dire «Non» (refuser d’adhérer) à toutes les suggestions d’imperfection. Prier de cette façon renforce la capacité qu’a le praticien de discerner le besoin du patient, d’entendre des idées qui guérissent d’une fraîcheur et d’une puissance étonnantes, et de répondre à chaque appel avec compassion et par la guérison.

Barbara Vining, Perrysburg (Ohio), U.S.A.

Comment me lancer dans la pratique? en mettant une annonce? en faisant connaître ma disponibilité? en offrant mes services?…

La meilleure publicité est notre amour pour autrui, et nous devrions le «porter» comme s’il s’agissait d’un panneau publicitaire, de façon à ce que tous le voient. En fait, il s’agit tout simplement de laisser briller notre lumière. Dans la première partie de son Sermon sur la montagne, Jésus déclare: « Que votre lumière luise ainsi devant les hommes, afin qu’ils voient vos bonnes œuvres, et qu’ils glorifient votre Père qui est dans les cieux.» (Matthieu 5:16) Tout est dit, dans une simplicité absolue: la lumière que nous laissons briller est le Christ, l’amour de Dieu pour l’homme, exprimé dans notre être et dans nos actes.

Il n’y a donc aucune raison d’hésiter, d’être timide, inhibé ou de manquer d’assurance. Au contraire, il n’y a pas de travail plus enthousiasmant que celui de praticien de la Science Chrétienne! Cette activité n’a rien à voir avec une gloire «personnelle», car elle est tout à la gloire de notre Père dans les cieux. Mary Baker Eddy définit le Christ comme «la vraie idée énonçant le bien, le message divin de Dieu aux hommes, parlant à la conscience humaine» (Science et Santé, p. 332). C’est là la lumière Christ que nous laissons briller.

Et comment nous y prendre? En aimant, en priant, en ne craignant pas de nous faire connaître.

Aimer: Le plus important quand on se lance dans la pratique, c’est de bien comprendre que l’on est déjà un vrai praticien de la Science Chrétienne, c’est-à-dire un vrai chrétien, qui aime son prochain.

On commence donc par mettre en pratique les qualités chrétiennes, c’est-à-dire en apprenant à «panser les cœurs brisés», comme il est écrit dans Science et Santé, au début du chapitre sur la «Pratique de la Science Chrétienne». Par «un mot de tendresse et d’encouragement chrétien adressé à un malade, une patience compatissante à l’égard de ses craintes et la suppression de celles-ci», nous mettons naturellement en pratique le christianisme (p. 366, 367).

Bien sûr, il est essentiel de comprendre la logique de la Science du Christ, mais, très honnêtement, les qualités chrétiennes déjà mentionnées sont tout aussi essentielles. Les deux choses doivent aller de pair, et quand c’est le cas, la pratique s’impose à nous naturellement.

Prier: À mes yeux, il est nécessaire de reconnaître le pouvoir pénétrant de la lumière Christ, ainsi que l’impossibilité pour les préjugés ou l’indifférence d’obscurcir ou de défléchir cette lumière. La lumière détruit les ténèbres, et non l’inverse.

Faire de la publicité: Selon la définition d’un dictionnaire, il s’agit de «faire savoir, [d’]attirer l’attention sur un produit ou un service». C’est exactement ce que nous faisons, nous les praticiens. Et nous avons à notre disposition une diversité de moyens infinie. Mary Baker Eddy a utilisé quelques-uns des moyens propres à son époque, notamment en publiant les témoignages de ceux qu’elle avait guéris.

Aujourd’hui, les moyens par lesquels laisser briller votre lumière de praticien de la Science Chrétienne sont littéralement infinis. Cela va de la bonne vieille méthode qui consiste à le faire savoir autour de soi à celle plus moderne qui consiste à utiliser Internet, en passant par les pages jaunes, etc.

Mais ne vous polarisez pas non plus sur les moyens. La clé de l’efficacité est la confiance dans la présence et l’action du Christ. Après tout, n’est-ce pas là la lumière que nous laissons «lui[re] ainsi devant les hommes, afin qu’ils voient [nos] bonnes œuvres, et qu’ils glorifient [notre] Père qui est dans les cieux»? Nous n’avons pas besoin d’actionner l’interrupteur, la lumière est toujours allumée. Toutefois nous devons avoir conscience que c’est la lumière du Christ qui brille (non celle de notre ego).

En fait, la lumière du Christ est davantage visible aux yeux des autres dans la mesure où la lumière d’un ego (la croyance à un ego) séparé de Dieu diminue.

En ce qui me concerne, après des années d’enseignement à l’université, j’ai constaté que je passais plus de temps dans un bureau à parler du Christ que du sujet que j’étais chargé d’enseigner. Et j’adorais ces conversations! Aussi, malgré un plan de carrière conçu avec soin, j’ai décidé de tenter une expérience en passant tous mes samedis à prier dans un bureau de praticiens disponible en ville. Le bâtiment, comme la plupart des autres immeubles de ce quartier, était vide le samedi. Les conditions étaient donc parfaites pour tester cette théorie concernant la lumière du Christ.

Les six premiers samedis, ma pratique a consisté à traiter par la prière les problèmes décrits dans le journal que je lisais en me rendant au bureau. Le septième samedi, un homme a frappé à ma porte. Il ne connaissait rien de la Science Chrétienne, il ne savait même pas ce qui l’avait conduit jusqu’à cet endroit, mais il avait un problème. Je l’ai guéri par la prière, et j’ai compris par la même occasion que ce test concernant la lumière du Christ avait été concluant.

Les débuts de chaque praticien sont différents. Cependant, la conscience individuelle que l’on a de soi, en tant que réflecteur de cette lumière, de cet amour, qui brille déjà, permet de choisir le meilleur moyen de la refléter, selon les circonstances.

John Tyler, Pittsburgh (Pennsylvanie), U.S.A.

J’aime la Science Chrétienne et l’idée de prier pour les autres. Ce qui me retient, cependant, c’est que je ne pense pas être capable de trouver les mots justes à dire aux patients. Quelle importance attacher à ce que je peux leur dire?

Si la tendre affection d’un scientiste chrétien à l’égard d’un patient peut s’exprimer par l’expression verbale d’idées stimulantes, ce ne sont cependant pas les mots par eux-mêmes qui guérissent. Ce sont les messages Christ communiqués par Dieu au praticien et au patient qui réconfortent réellement. Le Christ sert de tremplin à la transformation de la pensée, et c’est ce qui produit la guérison. Cela m’aide parfois de penser que le Christ est la voix de Dieu. «Le Christ est la vraie idée énonçant le bien, le message divin de Dieu aux hommes, parlant à la conscience humaine», explique Mary Baker Eddy dans Science et Santé (p. 332).

C’est «le message divin» qui donne à la pratique de la Science Chrétienne à plein temps sa substance et son fondement. Je n’ai jamais guéri personne en parlant. Cas après cas, j’ai constaté que la prière n’est efficace que lorsque, dans le calme, j’écoute Dieu me parler et qu’Il oriente mes pensées au sujet du patient.

À mes tout débuts – je crois que je n’étais pas encore sur la liste des praticiens du Journal – une charmante personne m’a demandé de prier pour elle. Tandis qu’elle m’expliquait avec force détails de quoi elle souffrait, un message d’inspiration divine m’est venu naturellement à la pensée. Lorsqu’elle a eu fini de parler, je lui ai expliqué exactement ce que j’avais entendu Dieu me dire. «Oui, bon, d’accord!» m’a-t-elle répondu, d’un ton peu convaincu.

Le lendemain, elle m’a redemandé de l’aide, car elle ne se sentait pas mieux. Je me suis appliqué à lui expliquer le même point métaphysique que la veille, car j’étais sûr que là résidait la clé de la guérison. Le matin suivant, elle m’a dit que son état avait empiré. Cette fois, en prévision de son appel, j’avais préparé mot pour mot tout ce que j’allais lui dire. À l’aide d’images et d’exemples vivants, j’ai exposé l’idée inspirante qui pouvait l’aider. Le jour suivant, elle m’a rappelé pour m’annoncer qu’elle avait décidé de se passer de mon aide.

Je l’ai rencontrée quelques semaines plus tard. Elle était exubérante. «Je viens d’être guérie!» s’est-elle écriée. Et de me décrire l’incroyable révélation qu’elle avait eue. Or l’idée qui lui était venue correspondait exactement à ce que je n’avais eu de cesse de lui expliquer verbalement. Bien sûr, je me suis bien gardé de le lui faire remarquer. Je me suis juste réjoui avec elle. Elle ne m’avait pas entendu quand j’avais pris grand soin de lui expliquer cette idée – elle semblait même lui être passée au-dessus de la tête, en fait – et pourtant, ce message Christ dont elle avait besoin avait imprégné ses pensées et éliminé ses craintes.

Avec humilité, j’ai compris que c’était ma prière qu’elle avait recherchée, et non des paroles vibrantes. Au début, l’essence spirituelle de ce que je lui avais communiqué s’était quelque peu perdue dans mes explications. Ce qui est au cœur de la prière, c’est le sentiment profond que le pouvoir de Dieu est à la base d’une idée inspirée. «Les effets de la Science Chrétienne se voient moins qu’ils ne se font sentir. C’est la “douce petite voix” de la Vérité qui se fait entendre. Ou bien nous nous détournons de cette voix, ou bien nous l’écoutons et montons plus haut.» (Science et Santé, p. 323)

Imaginez que vous vous trouviez dans une grande salle froide en compagnie d’autres personnes. Vous pourriez, si vous le souhaitiez, vous approcher de la cheminée et y faire un feu. Cela vous réchaufferait – non seulement vous-même, mais toutes les personnes présentes dans la pièce. La prière agit de la même façon. Lorsque l’inspiration Christ vous réchauffe, tous ceux qui font partie de votre univers en ressentent aussi les effets.

Si vous vous contentiez de faire le tour de la pièce froide en disant aux gens: «Les feux de cheminée réchauffent. Vous savez, les feux de cheminée réchauffent», personne n’en ressentirait la chaleur. Vous auriez beau trépigner en criant à la ronde que les feux de cheminée réchauffent, seul un vrai feu pourrait réchauffer la salle.

Quand on prie, la chaleur qui guérit vient par l’inspiration du Christ. L’inspiration est la réponse de la sagesse à notre demande: «Montre-moi comment, Berger / Te suivre aujourd’hui» (Mary Baker Eddy, Hymnaire de la Science Chrétienne, n° 304). Nous ressentons de l’amour dans chaque idée particulière que Dieu nous inspire. Notre véritable identité spirituelle et parfaite, ainsi que celle des autres, nous est révélée sous une lumière nouvelle, lorsque dans le calme de la prière nous sommes réceptifs à la réponse que Dieu apporte à notre demande d’aide.

Je me suis rendu compte que le fait d’écouter ce que Dieu dit sans agir en conséquence n’a strictement rien à voir avec la prière. C’est en écoutant l’inspiration divine et en la suivant que l’on devient chrétien. Je n’ai jamais pu transcender les craintes ainsi que les illusions de la condition mortelle qui les accompagnent, c’est-à-dire la maladie, les limites, le péché et la mort, sans veiller à agir conformément à ce que j’ai entendu Dieu dire. Nous pouvons répéter oralement la vérité à qui veut l’entendre, mais nous ne prions pas vraiment tant que l’inspiration du Christ n’a pas trouvé sa place dans nos pensées pour que nous la laissions transformer de façon définitive nos points de vue et nos actes.

Il est certainement bon d’encourager et de stimuler son prochain, mais un simple discours ne délivrera pas plus une personne d’une maladie que des paroles humaines prononcées à voix haute ne réussiront à faire fondre un glacier. La Science Chrétienne n’est pas une thérapie par la parole; seuls la puissance de Dieu et Ses messages divins guérissent. Il m’a été très utile de le comprendre pour ne pas être tenté de substituer de simples mots censés faire mouche à quelque chose d’aussi merveilleux que le message que l’on peut entendre dans la voix de Dieu. «Des nations s’agitent, des royaumes s’ébranlent; Il fait entendre sa voix: la terre se fond d’épouvante.» (Psaume 46:7)

Mark Swinney, Albuquerque (Nouveau-Mexique), U.S.A.

Share
Share
Taille du texte
  • S'inscrire ici pour recevoir chaque semaine les messages spirituels du Héraut.


© The Christian Science Publishing Society. All rights reserved.
Tous droits réservés. Conditions d'utilisation et mentions légales.  |  La Croix et la Couronne  |  Contactez-nous