Ce mois de novembre marque le centenaire de l’établissement de la fonction de nurse de la Science Chrétienne comme partie intégrante des activités de guérison de l’Eglise. Le Manuel de L’Église Mère de Mary Baker Eddy stipule : « Nurse de la Science Chrétienne. Section 31. Tout membre de L’Eglise Mère (homme ou femme) qui se fait connaître comme nurse de la Science Chrétienne, doit posséder une connaissance démontrable de la pratique de la Science Chrétienne, comprendre à fond comment exercer avec sagesse ses fonctions dans une chambre de malade et savoir prendre convenablement soin des malades.
« Les noms de ces personnes peuvent être annoncés dans The Christian Science Journal, conformément aux règles établies par les éditeurs. » (p. 49)
Eva Boone Hussey, dont l’annonce figure dans le répertoire du Journal depuis trois décennies, fait part aux lecteurs du Journal et du Héraut de sa vision de l’activité de nurse de la Science Chrétienne. Elle dirige au sein de La Société d’édition de la Science Chrétienne le service des annonces des églises, des sociétés, des praticiens, des professeurs et des nurses dans le répertoire international du Journal.
En quoi est-il important que le Manuel contienne un article concernant les nurses de la Science Chrétienne ?
Eva Boone Hussey : C’est extrêmement important car cela signifie que l’activité des nurses fait partie intégrante de la révélation divine, universelle et éternelle de la Science Chrétienne par Mary Baker Eddy. Cette activité reflète la présence de la sollicitude de Dieu pour toute l’humanité. A mes yeux, cette disposition statutaire est l’alliance que Dieu a conclue avec Sa précieuse création. Mary Baker Eddy a fait en sorte que cette sollicitude promise par Dieu puisse se manifester concrètement dans le cadre inspiré de cet article, en confiant aux membres de L’Eglise Mère, hommes et femmes, le soin d’accomplir cette promesse par leur bonne volonté spirituelle, leur obéissance morale, la clarté de leur jugement et leur savoir-faire.
En quoi le soutien qu’apportent les nurses de la Science Chrétienne aux personnes malades ou blessées est-il unique ?
Les nurses de la Science Chrétienne sont d’abord et avant tout des penseurs spirituels intrépides. Ils s’attendent véritablement à voir le patient d’un point de vue spirituel, c’est-à-dire à voir l’homme de la création de Dieu, quel que soit le témoignage physique opposé qui leur est présenté.
Un médecin a raconté qu’en se réveillant un jour dans un lit d’hôpital, à la suite d’un accident de voiture, il a entendu deux infirmières parler de lui juste derrière la porte de sa chambre. Elles l’appelaient le « tétra de la chambre 204 ». Il a été très ébranlé. « On m’ôtait toute dignité. Je n’étais soudain plus médecin, époux, père ni professeur, mais le tétraplégique de la chambre 204 », a-t-il expliqué. Il racontait son expérience pour inciter le personnel médical à ne pas réduire les patients à leur état physique. Quant à moi, si je relate cette histoire, c’est pour souligner d’emblée le rôle fondamental des nurses de la Science Chrétienne : témoigner de l’identité spirituelle innée de chaque patient. En témoignant de cette façon, les nurses contribuent grandement à la qualité de l’atmosphère qui entoure le patient.
Qu’est-ce qui, selon vous, est le plus souvent mal compris concernant l’activité de nurse de la Science Chrétienne ?
Certains pensent qu’il s’agit ni plus ni moins que de soins légers donnés par de gentilles dames membres d’église. En réalité, l’activité de nurses de la Science Chrétienne exige un désir sincère et profond de mettre en pratique des facultés de jugement et des compétences indispensables pour répondre de façon consciencieuse et adéquate à toutes sortes de besoins concrets. Néanmoins la première exigence qui est au cœur de la disposition statutaire concernant les nurses de la Science Chrétienne, c’est la présence de la Science divine dans la pensée et les actes des nurses. Les nurses de la Science Chrétienne s’engagent à prendre soin des malades conformément aux normes les plus élevées. Ces hommes et ces femmes dévoués pourraient se réaliser pleinement dans d’autres professions, mais ils ont choisi de se joindre à une équipe paisible, mais ô combien efficace ! qui pratique la guérison. Ce centenaire nous donne l’occasion de rendre hommage à la contribution qu’ils apportent en reflétant «… dans une certaine mesure, l’Eglise Universelle et Triomphante » (Manuel de l’Église, p. 19).
En puisant dans vos nombreuses années d’expérience de nurse, pourriez-vous nous faire part de certaines idées qui, selon vous, exercent une influence directe sur la guérison ?
Avec grand plaisir ! Voici les idées qui sont en haut de ma liste :
Il arrive que des patients estiment que la prière et le traitement par la Science Chrétienne ne sont pas suffisants. Ils ont l’impression qu’en se tournant vers la médecine classique, ils font vraiment quelque chose pour se soigner. Qu’en pensez-vous ?
On peut certainement être tenté de penser que rechercher des soins médicaux, c’est agir, alors que se tourner vers la prière, c’est ne rien faire. Il faut alors comprendre très vite qu’il s’agit là d’une imposture impersonnelle, provenant de la croyance universelle que les soins médicaux représentent la seule façon de s’occuper de son bien-être. Mais arrêtons-nous un moment sur ce point pour réfléchir à tout l’arsenal dont nous disposons en priant Dieu, grâce à Mary Baker Eddy !
Ces passages montrent que nous avons un accès immédiat au médecin, au chirurgien, au remède et à l’antidote les meilleurs qui soient ! Et cela ne s’arrête pas là ! Grâce au Manuel nous disposons également des praticiens et des nurses de la Science Chrétienne, hommes et femmes prêts à agir à la minute qui représentent les ministères de guérison de l’Eglise du Christ, Scientiste, et auxquels nous pouvons faire appel. Nous avons aussi les messages sacrés de la Bible et de Science et Santé, les Leçons bibliques hebdomadaires, les publications de la Science Chrétienne et, bien sûr, les services religieux. Tout cela soutient notre capacité de percer n’importe quelle barrière matérielle. Enfin, comme il nous est rappelé dans Écrits divers : « Celui qui comprend le pouvoir de l’Esprit ne doute pas du pouvoir de Dieu — c’est-à-dire la puissance de la Vérité — de guérir par la Science divine d’une façon qui surpasse toutes méthodes et tous moyens humains. » (p. 52)
Que pensez-vous des maisons de nursing de la Science Chrétienne ? Elles ne sont pas gérées par L’Eglise Mère. Sont-elles vraiment nécessaires alors que la plupart des gens préféreraient que l’on prenne soin d’eux à domicile ?
Les deux possibilités m’ont tellement apporté que j’en demeure infiniment reconnaissante. A chacun de décider s’il préfère avoir un ou une nurse à domicile ou que l’on prenne soin de lui dans un établissement de la Science Chrétienne. L’un des arguments les plus forts utilisés contre ces maisons de nursing, c’est que ce sont des lieux où l’on se rend pour mourir, et non pour guérir. Cette insinuation malveillante doit être fermement rejetée. On s’attend à des guérisons dans les maisons de nursing de la Science Chrétienne, et elles surviennent régulièrement, si terribles que soient les circonstances. Ces lieux sont de saintes forteresses qui offrent un soutien. S’il est nécessaire que l’on prenne soin de vous, il faut veiller à ne pas tomber dans la négligence en renonçant à chercher un asile où « le métal pur du caractère » peut se révéler, tandis que « le fer de la nature humaine rouille et s’effrite… » (The First Church of Christ, Scientist and Miscellany, p. 4)
Selon vous, qu’est-ce qui est le plus difficile dans l’activité de nurse de la Science Chrétienne ? Et quelles sont vos plus grandes joies ?
Le plus difficile consiste à ne pas se laisser tromper par les images de l’état physique. Les nurses de la Science Chrétienne font face à des états physiques que la plupart des gens ne voient jamais ; et certaines de ces « images » tentent de faire une forte impression sur leurs pensées. S’efforcer de combattre ces images simplement par des pensées joyeuses ou par le seul pouvoir de la volonté ne sert à rien. La prière et l’étude profondes et régulières sont indispensables pour ne pas être impressionné par la « pièce à grand spectacle » du magnétisme animal. Les nurses de la Science Chrétienne doivent sans cesse faire preuve de courage moral et de confiance spirituelle pour affronter et rejeter les images agressives de l’erreur, tout en s’attendant fermement à des guérisons instantanées.
Il y a tant de motifs de réjouissance ! Ce que je préfère, ce sont peut-être les bienfaits dus à la compréhension de quelque chose de nouveau concernant Dieu, chaque fois que je m’occupe d’un cas. Cela m’amène à reconnaître plus vite les directives divines, et à garder sa fraîcheur et son efficacité à mon activité. En tant que nurse de la Science Chrétienne, je n’empiète pas sur le rôle du praticien — celui-ci étant là pour donner un traitement par la prière spécifique au patient — mais c’est merveilleux de savoir que mes prières sont efficaces. Le fait de maintenir une pensée spirituelle élevée contribue puissamment à créer une atmosphère de guérison. Comme le souligne Mary Baker Eddy : « La puissance spirituelle d’une pensée scientifique et juste, sans effort direct, sans argument oral ou même mental, a maintes fois guéri des maux invétérés. » (Rudiments de la Science divine, p. 9)
Lesnurses de la Science Chrétienne témoignent du fait que la compréhension spirituelle résultant de la prière est tout à fait capable de détruire le péché, la maladie et même la mort, bien qu’il ne s’agisse pas là d’un traitement spécifique par la Science Chrétienne. Voilà encore un motif de réjouissance : voir les lois de Dieu à l’œuvre grâce aux traitements par la prière rigoureux et sacrés donnés par les praticiens de la Science Chrétienne et aux soins inspirés des nurses de la Science Chrétienne, avec les nombreuses guérisons qui en résultent.
Une dernière question ! Que représente pour vous ce centenaire ?
Une belle occasion de mieux apprécier la disposition statutaire concernant l’activité des nurses en comprenant que cette activité fait partie de la mission prévue par Mary Baker Eddy pour son Eglise ; c’est aussi l’occasion de rendre hommage à la fidélité désintéressée des nurses de la Science Chrétienne d’hier et d’aujourd’hui.